VOL DE VÊTEMENTS LORS D'UNE BAIGNADE

En se baignant avec quelques-unes de ses voisines, Élizabeth BOUCHER, épouse de Denis GUION, laisse quelques vêtements sur le bord de l'eau. Comme ses vêtements sont pris par deux hommes qu'elle n'a pu reconnaître, elle demande au juge de la Prévôté de Québec de faire enquête. On fait comparaître Jacques-Charles PATU, marchand de la ville de Paris, et Jean BELLAMY, « bossman » du navire Le Mouton Blanc, et, tous deux, disent n'avoir aucune connaissance de ce vol. Mais BOUCHER demande une nouvelle enquête puisque PATU se serait vanté de savoir où étaient ses vêtements. Six témoins sont entendus dans la cause.

Pour s'être vanté de savoir où étaient les vêtements perdus par BOUCHER, même de savoir ce qu'ils étaient devenus, et comme il n'a rien voulu dire lors de son témoignage, PATU est condamné, le 23 septembre 1679, en dix livres d'amende et à rendre les vêtements à BOUCHER ou de lui payer 40 livres, montant estimé pour leur valeur. Lors de son témoignage, PATU se serait vanté « comme par dérision » et ce, par des paroles très insolentes.

Le navire Le Mouton Blanc étant sur son départ pour la France, PATU demande qu'on interroge BELLAMY qui confesse avoir depuis longtemps les vêtements perdus par Élizabeth BOUCHER. Le 10 octobre suivant, BELLAMY est condamné à rendre à PATU les 40 livres portées par la sentence du 23 septembre, pour avoir « caché et recelé » lesdits vêtements et n'avoir voulu dire la vérité à son serment lors de son assignation le 1er septembre. Il est aussi condamné à 10 livres d'amende seulement « à cause de son peu de moyens » et défense à lui de récidiver à prendre ou cacher aucunes hardes ni autres choses.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 11 (Grand criminel), 12 (registre civil) et 13 (Petit criminel), décembre 1677 au 18 décembre 1686, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome VI, coll. Notre patrimoine national no. 327, 2004.