ACCUSÉES DE VIE SCANDALEUSE

Le 10 juin 1678, le procureur du roi de la Prévôté de Québec intente un procès criminel à l'encontre de quatre femmes qu'il accuse de vie scandaleuse. Il s'agit de :

- Jeanne VIGNAUD, épouse de Jacques GRESLON dit LAVIOLETTE, de la côte de Beaupré;

- Jeanne GRESLON, leur fille, épouse de Pierre DASYLVA dit LE PORTUGAIS;

- Madeleine LARCHE, épouse d'Élie VOISIN, matelot;

- Jeanne OLIVIER, épouse d'André LEROUX, cordier.

Après avoir interrogé les accusées, le juge rend sa sentence le 8 juillet suivant. En réparation de leur mauvaise vie et pour avoir causé un scandale public à Québec, elles sont condamnées à quitter la ville dans les quatre prochains jours. Le juge demande au greffier d'avertir Jacques DUBOIS, marchand, qui est cité dans les interrogatoires, de se présenter devant le tribunal pour savoir la vérité de ce qu'elles ont dit de lui.

La sentence n'étant pas respectée, le 29 juillet, le juge ordonne aux quatre femmes de quitter la ville dans les vingt-quatre heures sous peine de punition corporelle. Et « attendu leur désobéissance », elles sont condamnées à 40 sols d'amende.

Un an plus tard, en septembre 1679, le procureur du roi est informé que Madeleine LARCHE continue sa « méchante vie », contrevenant aux sentences des 8 et 29 juillet 1678. Elle est condamnée à 10 livres d'amande et doit quitter incessamment la ville de Québec. Il lui est défendu d'y venir en aucune manière et sous quelque prétexte que ce soit, sous peine d'être punie par l'exécuteur de la haute justice et battue de verges aux carrefours de la ville.

En 1687, Jacqueline ROULLOIS, épouse de Denis DEROME dit DESCARREAUX, est accusée de maquerellage et de tenir bordel chez elle ! Rappelons que vingt ans plutôt, elle avait tenté de s'enfuir en France à l'insu de son mari.

Le 10 avril 1687, le juge ordonne à Jacqueline ROULLOIS de sortir de prison et accepte l'offre de son mari. Ainsi, elle doit quitter la ville de Québec pour aller demeurer avec son mari sur une habitation qu'ils ont à la campagne où elle doit y vivre honnêtement avec défenses de visiter des personnes scandaleuses. On lui donne tout le mois de mai pour disposer de ses affaires.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 11 (Grand criminel), 12 (registre civil) et 13 (Petit criminel), décembre 1677 au 18 décembre 1686, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome VI, coll. Notre patrimoine national no. 327, 2004.