QUERELLE DE FEMMES

Le 25 avril 1675, le juge de la Prévôté de Québec répond à une requête de Charles MARQUIS à l'effet que Robert MOSSION dit LA MOUCHE et Anne TAVERNIER, son épouse, aient à lui faire réparation d'honneur à l'issue de la grande messe paroissiale pour avoir dit plusieurs injures atroces contre lui et sa femme (Marguerite BEAUGRAND).

Présent à l'audience, le 26 avril, l'huissier BIRON raconte qu'à l'automne 1674, Anne TAVERNIER lui a dit qu'elle avait appelé « putain » la femme de MARQUIS et qu'elle le vérifierait bien ! Après serment, Julien MEUNIER relate qu'il y a trois ou quatre mois, alors qu'il était dans la maison de MOSSION, TAVERNIER lui a bien dit ainsi qu'à plusieurs autres que la femme de MARQUIS était une putain et que « c'était une bonne bête ». L'affaire est communiquée au procureur du roi.

Quatre jours plus tard, le 30 avril, c'est au tour de Robert MOSSION de se présenter devant le juge de la Prévôté et demande que MARQUIS et sa femme soient appelés pour expliquer les injures mentionnées dans sa requête. Appelé comme témoin de MARQUIS, Jean JEAN dit LA TOUR explique que lorsqu'il était chez Jean LEMELIN, l'on disait que le comte de FRONTENAC avait même menacé Anne TAVERNIER pour sa mauvaise langue et qu'il ferait donner le fouet à ceux qui parlaient... trop ! Produits comme témoins, à la demande de TAVERNIER, Paul TACONNET et Pierre DORNET expliquent qu'étant chez MOSSION le jour de la Saint-Thomas, ils ont vu la femme de MARQUIS (mécontente de se faire traiter de putain) qui se disputait avec celle de MOSSION et lui disait « la putain la putain de langue ».

Quand Robert MOSSION sépara les deux femmes, la MARQUISE lui dit « laissez-moi allé faut que j'étrangle ladite putain de langue » ! La MARQUISE (Marguerite BEAUGRAND) aurait même jeté au feu le bonnet de TAVERNIER, mais le retira aussitôt. Après suffisante confrontation, le tout est remis entre les mains du procureur du roi sans qu'il y ait de suite.


Faut croit que la femme de Robert MOSSION n'a pas la langue dans sa poche ! Rappelons qu'un an auparavant, en février 1674, Anne TAVERNIER traita Charles MARQUIS de « faussier » pour avoir fait un faux serment. Elle est condamnée en 10 livres d'amende et à s'excuser auprès de MARQUIS et défense à elle de récidiver à l'appeler « faiseur de faux serment » et de lui dire aucune injure à peine de 50 livres d'amende.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 7 et 8 (registres civils), 9 janvier 1674 au 20 décembre 1675, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome IV, coll. Notre patrimoine national no. 312, 2003.