LE PRIX DU PAIN ET DU VIN

Après avoir visité les boulangers de la ville de Québec, le mardi 24 novembre 1676, accompagné du huissier René HUBERT et du greffier de la Prévôté de Québec, et sur l'avis des notables du pays, le procureur du roi rend son réquisitoire au juge Louis-Théandre CHARTIER démontrant qu'ils font « un mauvais usage de leur trafic » et vendent le pain à un prix excessif !

C'est pourquoi le juge émet une ordonnance à l'effet que le petit pain blanc de farine de 9 onces soit désormais vendu 1 sol et le pain bis et ordinaire 2 sols la livre. Il est ordonné aux boulangers de faire du bon pain sans son remoulu qui n'est pas « le propre des hommes » à peine de 100 francs d'amende.

Mais les boulangers ne semblent pas obéir à cette ordonnance puisque le sujet revient devant la Prévôté le 1
er décembre suivant. Selon le procureur du roi, ils amassent tous les grains qu'ils prennent et « ne font pas leur devoir de cuire » le pain. L'ordonnance sera donc signifiée à chacun des boulangers afin qu'ils puissent y obéir sous peine d'être déchu de boulanger. Le grain qu'ils ont amassé sera vendu au marché au plus offrant et dernier enchérisseur.

Après le pain, c'est au tour du vin ! Le 11 décembre, constatant que le vin ne coûte que 50 francs aux cabaretiers et aux hôteliers, le juge ordonne qu'à compter du 1
er janvier 1677, le vin sera vendu au détail 16 sols le pot (au lieu de 20 sols) et défense leur est faite de le vendre à plus haut prix.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 9 et 10 (registres civils), 14 janvier 1676 au 14 décembre 1677, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome V, coll. Notre patrimoine national no. 315, 2004.