« Tiens, voilà ton enfant » !

Le dimanche 17 juillet 1678, Charlotte PECQUET se rend à la grande porte du fort et château Saint-Louis de Québec et attend la sortie de Henri CATTIN, valet de cuisine du gouverneur. En présence du soldat CHAMPAGNE, en faction, et d'une autre personne, elle s'approche de CATTIN, pose un enfant à ses pieds et lui dit : « Tiens, voilà ton enfant, faisant ce que tu voudras ».

Charlotte PECQUET est la femme de René RICHARD, meunier, absent de la Nouvelle-France depuis deux ans, selon la sentence rendue le 5 août 1678 et rédigée dans le Petit criminel de la Prévôté de Québec. Cette sentence condamne PECQUET à payer 3 livres d'amende seulement pour son indiscrétion et manque de respect « attendu sa pauvreté ». Il est aussi ordonné que l'enfant soit nourri par la mère avec les 60 livres que le père, Henri CATTIN, doit lui payer. Cette somme sera mise entre les mains d'un bon bourgeois de Québec qui la distribuera à la mère au fur et à mesure qu'elle en aura besoin pour l'enfant.

Le juge enjoint Charlotte PECQUET à « se gouverner sagement à l'avenir » et de prendre soin de l'enfant jusqu'à l'âge requis.

Selon Yves LANDRY, dans « Les Filles du roi au XVIIe siècle. Orphelines en France, pionnières au Canada », p. 354, Charlotte PECQUET est mère d'un enfant illégitime (Julien) né le 2 avril 1678 à Québec.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 11 (Grand criminel), 12 (registre civil) et 13 (Petit criminel), décembre 1677 au 18 décembre 1686, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome VI, coll. Notre patrimoine national no. 327, 2004.