ACCUSÉE DE MÉCHANTE VIE PENDANT 18 MOIS

Le 30 mai 1679, le procureur du roi de la Prévôté de Québec somme Marie LOUBIÉ dite LA SABRESSE, « prétendue veuve de Simon ÉNARD », à comparaître en la chambre criminelle pour être interrogée sur les faits qui lui sont allégués et contenus dans la déposition de trois témoins. Après son interrogatoire, le 2 juin, elle est « prise et appréhendée au corps » et constituée prisonnière. Aussi appelé à comparaître le lendemain, Pierre GIRARDEAU, soldat de la garnison, dénie les faits contenus dans l'interrogatoire de LOUBIÉ.

Le 10 juin, ayant tout considéré, le juge rend sa sentence. Il accuse Marie LOUBIÉ d'avoir mené une méchante vie avec Pierre GIRARDEAU pendant 18 mois. De cette relation est née Marie-Françoise, baptisée le 27 mai 1679 (selon le dictionnaire Tanguay). Pour réparer ces faits, LOUBIÉ est condamnée à quitter la ville de Québec dans les trois prochains jours et il lui est défendu de « s'approcher plus près d'une lieue » pendant trois ans. En plus de cinq sols d'amende et au paiement de la moitié des dépens du procès, le juge enjoint Marie LOUBIÉ à avoir soin de son enfant, de se « contenir dorénavant », de vivre sagement et sans scandale sous peine de punition corporelle.

Le juge condamne Pierre GIRARDEAU à payer la somme de 60 livres à LOUBIÉ pour lui aider à élever son enfant, à cent sols d'amende ainsi qu'à l'autre moitié des dépens. Il lui est aussi défendu de la fréquenter sous telle peine que de raison.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 11 (Grand criminel), 12 (registre civil) et 13 (Petit criminel), décembre 1677 au 18 décembre 1686, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome VI, coll. Notre patrimoine national no. 327, 2004.