LA MALADIE DE JEAN ROYER, MARCHAND DE LA ROCHELLE

Depuis le 28 mai 1676, Louise DUVAL, épouse de Pascal LEMAÎTRE, soigne le marchand rochelais Jean ROYER. Mais la garde du malade contagieux, jour et nuit, oblige DUVAL à aller se faire traiter elle-même « d'une maladie assez dangereuse ». C'est pourquoi, le 17 juillet, elle se présente devant le juge de la Prévôté de Québec et demande que Jean GAROS, aussi marchand de La Rochelle et procureur de ROYER, ait à lui payer deux mois et demi de garde « en la maladie » de ROYER, 15 livres pour le blanchissage qu'elle a payé pour lui et 4 livres pour de la bière.

Mais Jean GAROS réplique que ROYER est venu en Nouvelle-France à titre de commis de Jean GITTON, marchand de La Rochelle, et c'est à ce dernier que DUVAL doit s'adresser. Le juge suspens la cause jusqu'au retour de GITTON.

Le 31 octobre suivant, les parties reviennent devant le tribunal et exposent plus longuement leurs différends. Le juge permet à DUVAL, pour être payée, de saisir les effets de ROYER et demande à entendre comme témoins le chirurgien Jean DE MOSNY, Charles ROGER sieur DES COULOMBIERS et son épouse, et la femme de François GENAPLE. Ces derniers comparaissent le 18 novembre.

Jean DE MOSNY, maître chirurgien et lieutenant des chirurgiens de Québec, affirme que la maladie de Jean ROYER était très dangereuse et « de difficile garde », car il a été longtemps en frénésie et « ne pouvant être retenu bien souvent sans être lié » ! DE MOSNY estime à 4 francs que doit payer ROYER à DUVAL pour chacune des journées et veilles passées à le soigner.

Aussi appelée comme témoin, Marie-Anne DE LA PORTE, épouse de François GENAPLE, confirme les dires de DE MOSNY à l'effet que Jean ROYER a été malade « d'une maladie fort extraordinaire » en la maison de Charles ROGER sieur DES COULOMBIERS et Marie-Madeleine GACHET, qui ont eu ont beaucoup de peine à le soigner.

Le juge Louis-Théandre CHARTIER condamne Jean ROYER à payer 4 livres à Louise DUVAL pour chaque jour et veille de garde durant sa maladie (du 28 mai au 10 août) et aux dépens du procès.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 9 et 10 (registres civils), 14 janvier 1676 au 14 décembre 1677, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome V (à paraître).