DÉCÉDÉ POUR AVOIR REFUSÉ DE DONNER À BOIRE !

À la fin du mois de novembre 1686, à la suite du refus par Madeleine DUVAL de leur donner à boire, deux sauvages de Lorette sortent de sa maison, mécontents, et vont voir Pierre CHAPEAU, son mari, qui travaille derrière la maison. Ils se jètent sur lui et le maltraitent de coups.

Le 29 novembre, Jacques HOUNIOÜANENTÉ, l'un des sauvages, est emprisonné jusqu'à ce que l'on puisse voir si les coups reçus par CHAPEAU sont guérissables ou mortels. Mais, le même jour, CHAPEAU meurt à Québec où il est inhumé le lendemain (selon le Dictionnaire généalogique du Québec ancien).

Le 6 décembre, on interroge HOUNIOÜANENTÉ avec l'aide de Jean PERÉ, marchand, si sert d'interprète. Quatre jours plus tard, étant donné le décès de CHAPEAU, le juge de la Prévôté de Québec donne vingt-quatre heures à la veuve pour se désister ou non de la poursuite contre HOUNIOÜANENTÉ et à faute de quoi, la procédure continuera à ses frais et dépens.

Madeleine DUVAL comparaît devant le greffier RAGEOT le 11 décembre. Elle déclare qu'elle ne peut poursuivre le procès en question, n'en ayant pas le pouvoir ni le moyen et se désiste. Par contre, il est bien juste, selon elle, que le procureur du roi lui en rende justice.

Le 20 décembre, le juge ordonne que les témoins de l'affaire soient confrontés à l'accusé pour ensuite être le tout communiqué au procureur du roi. On ne connaît pas l'issu du procès, ni ce qui est advenu de Jacques HOUNIOÜAENTÉ !

Rédaction : Guy Perron, paléographe


Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 11 (Grand criminel), 12 (registre civil) et 13 (Petit criminel), 17 décembre 1677 au 19 août 1686, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome VI, coll. Notre patrimoine national, 2004, (à paraître).