COUP DE CANNE SUR LA TÊTE

Le 18 août 1686, sur les huit heures et demi du soir, Geneviève MARSOLET, épouse de MICHEL GUION DU ROUVRAY, dépose une plainte au juge de la Prévôté de Québec. C'est qu'un nommé RIVAULT, domestique de Jean MARSOLET, frère de Geneviève, aurait maltraité de jeunes enfants du couple GUION-MARSOLET avec l'aide de certains autres domestiques de MARSOLET, âgés de plus de 20 ans.

Ayant été averti, GUION sorti pour voir ce qui en était, sans rien dire aux domestiques. Cependant, Jean MARSOLET sorti de chez lui, la canne à main, et cria à ses domestiques « de tuer et assommer ». Il se serait jeté sur GUION qu'il aurait renversé, frappé de plusieurs coups et assommé sur la place. L'ayant suivi, la femme de MARSOLET prit GUION par les cheveux et en arracha la meilleure partie !

Pour sa part, Jean MARSOLET se plaint que Michel GUION et Geneviève MARSOLET, son épouse, l'insultent tous les jours et lui tuent des animaux.

Le lendemain des plaintes, soit le 19 août à 9 heures du matin, le juge se transporte à la basse-ville de Québec où plusieurs personnes lui confirme le différend entre les deux couples. Entre autres témoins, Mathieu DAMOURS, conseiller au Conseil souverain, et beau- frère desdits MARSOLET, frère et sœur, certifie que la plainte de Geneviève est véritable. Il raconte que Jean MARSOLET arriva comme un furieux et se rua sur GUION qu'il renversa, tomba par-dessus après lui avoir donné un coup de canne sur la tête... canne que DAMOURS aurait eu beaucoup de peine à lui enlever. MARSOLET fit tomber sa sœur à la rivière et jura plusieurs fois qu'il l'exterminerait avec son mari, Michel GUION.

Comme les violences exercés par Jean MARSOLET et sa femme n'ont pas eu de suite dangereuse, le juge considère qu'il s'agit plutôt d'un différend entre parents qui pourrait cesser lorsqu'il leur défendra de « méfaire ni médire » Michel GUION et Geneviève MARSOLET en quelque manière que ce soit. En plus de 50 livres d'amande, le juge ordonne à MARSOLET de vivre en paix et de veiller sur les agissements de son épouse et de ses domestiques.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 11 (Grand criminel), 12 (registre civil) et 13 (Petit criminel), décembre 1677 au 18 décembre 1686, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome VI, coll. Notre patrimoine national no. 327, 2004.