LE CORPS DE JEAN BRIÈRE PORTÉ SUR LES FOURCHES PATIBULAIRES

Le 22 août 1678, le juge de la Prévôté de Québec se rend au cul-de-sac de la basse-ville pour « visiter » le corps mort du matelot LE BRETON pour ensuite monter à bord du navire LA CACHELIÈVRE, en rade à Québec. Le même jour, après avoir rédigé son procès-verbal, il ordonne l'emprisonnement de Jean BRIÈRE dit PÉRIGOURDIN, matelot.

Après la déposition de huit témoins, les interrogatoires et réponses personnelles de l'accusé BRIÈRE, le rapport de visite de Jean DE MOSNY, maître chirurgien, et les réquisitoires et conclusions définitives du procureur du roi, le juge René-Louis CHARTIER DE LOTBINIÈRE prononce sa sentence, enregistrée dans le registre du Grand Criminel de la Prévôté de Québec. Ainsi, Jean BRIÈRE dit PÉRIGOURDIN est accusé d'avoir juré et blasphémé le saint nom de Dieu, sur les neuf à dix heures la nuit du 21 août, et par haine « et propos délibérés » aurait injurié, querellé et maltraité de paroles le nommé LE BRETON. Jean BRIÈRE se serait approché du nommé LE BRETON, « en continuant ses jurements », et lui aurait donné un coup de sa main sur le côté de la tête qui l'aurait étourdit et jeter à l'eau, puis se serait noyé.

Pour ce faire, BRIÈRE est condamné à sortir de prison où il est détenu, pour être conduit, en chemise, nue tête, la corde au cou et la torche au poing devant la porte principale de l'église Notre-Dame de Québec et là, demander pardon à Dieu, au roi et à la justice des jurements et blasphèmes par lui proférés. Ensuite, il sera conduit à la grande place de la basse-ville pour y être pendu et étranglé à une potence, qui sera dressée à cet effet, et son corps mort y demeurera jusqu'à 9 heures du soir et sera porté sur les fourches patibulaires (gibet à plusieurs piliers). De plus, il est condamné à 100 livres d'amende envers le roi et aux dépens du procès. Cependant, la sentence est portée en appel par BRIÈRE.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 11 (Grand criminel), 12 (registre civil) et 13 (Petit criminel), 17 décembre 1677 au 19 août 1686, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome VI, coll. Notre patrimoine national, 2004, (à paraître).