L'ASSEMBLÉE DE POLICE DU 14 JANVIER 1677

Le 14 janvier 1677 se tient une assemblée générale de la police dans le palais de la Prévôté de Québec afin de permettre aux bourgeois et aux artisans d'exprimer leurs remontrances et propositions. Sont présents : Thierry DE LETTRE, échevin, Simon MARS, marchand, les sieurs DE MOSNY, ROUSSEL, MAHEUST, LANDERON, NOLAN, MORIN dit ROCHEBELLE, GAUVREAU, DEROME, SOULARD, CHÂLE, MENIER et plusieurs autres.

En premier lieu, il est question du prix du pain qui est difficile à fixer à cause que « la bonté du blé suit la nature des terres où il se recueille ». Il y a du blé qui rend 50, 52, 54, 55 et même jusqu'à 60 livres de pain bis par minot. Des habitants se plaignent aussi que les boulangers sont nuisibles plutôt qu'avantageux parce qu'ils ne « débitent » leur pain qu'en argent comptant. Présent, LANDERON offre de faire du pain pour en vendre aux habitants et d'en prendre le paiement non seulement en argent, mais aussi en billets et autres denrées.

Les maîtres chirurgiens demandent qu'on défende aux chirurgiens forains de donner des rapports en chirurgie.

Les armuriers font remarquer que des marchands font apporter des armes et fusils de balle dont il arrive souvent de grands accidents, car ils ne sont pas inspectés. Ils requièrent que tous les fusils soient examinés avant d'être exposés en vente.

Les tailleurs d'habits expliquent que des bourgeois emploient des compagnons couturiers dans leurs maisons pour « faire manufacturier » des habits, ce qui leur est préjudiciable.

Les tonneliers demandent d'interdire aux marchands forains de faire décharger leurs vins des navires qui viennent de France par toutes sortes de personnes, autres que des tonneliers. De plus, ils se plaignent du fait que des communautés religieuses emploient leurs domestiques à fabriquer des barils, barriques et autres ustensiles de tonnellerie.

Comme des marchands forains vendent au détail les clous qu'ils font venir de France, et que cela « leur empêche de gagner leur vie », les cloutiers requièrent de ne pas vendre au détail au-dessous d'un millier de clous.

Enfin, les cabaretiers prétendent qu'il leur est difficile de vendre leur vin à 16 sols le pot, d'autant qu'ils sont obligés de faire crédit à la plupart des gens qui viennent de loin car ils ne portent pas d'argent sur eux ! Présent, Pierre MENIER offre de vendre son meilleur vin à 15 sols le pot. Les cabaretiers croient que ce ne serait pas faire préjudice à personne de leur laisser la liberté de le vendre 20 sols en prenant pour exemple les marchands forains qui vendent leurs marchandises au prix qu'ils désirent... les ayant même « enchéries » après le départ des navires.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 9 et 10 (registres civils), 14 janvier 1676 au 14 décembre 1677, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome V, coll. Notre patrimoine national no. 315, 2004.