L'ALIÉNATION MENTALE D'ALEXIS GUIDON

Quelques gens mal intentionnés font courir le bruit qu'Alexis GUIDON (GUEDON) est devenu fou à la suite de mauvais traitements qu'il aurait souffert pendant qu'il était au service de Gabriel GOSSELIN, habitant de l'île d'Orléans. Ce dernier requiert devant la Prévôté de Québec d'être innocenté de ce qui lui pourrait être imputé, étant injuste de lui reprocher l'état fâcheux où se trouve GUIDON. Comme GUIDON ne s'acquittait pas de son devoir, GOSSELIN explique qu'il aurait été obligé de lui donner quelques soufflets (qui lui aurait fait perdre quelques gouttes de sang par le nez), mais il ne peut être tenu de l'aliénation mentale de GUIDON n'ayant exercé ou fait exercer par ses enfants aucune violence contre lui.

GOSSELIN a bien de la compassion, non pas qu'il soit coupable de l'état déplorable dans lequel est réduit GUIDON, mais parce qu'il l'a servi pendant trois ans et qu'il lui doit quelques gages. Il s'en remet donc au juge d'ordonner ce qui lui plaira.

Le 31 août 1682, le juge ordonne à Gabriel GOSSELIN de prendre soin d'Alexis GUIDON, de l'entretenir et de lui fournir des vivres jusqu'au départ d'un navire pour la France dans lequel il le fera embarquer et lui payera son passage. Cependant, le juge précise que tout cela ne peut tirer à aucune conséquence contre GOSSELIN et à telle réparation d'honneur que de raison.

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 11 (Grand criminel), 12 (registre civil) et 13 (Petit criminel), décembre 1677 au 18 décembre 1686, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome VI, coll. Notre patrimoine national no. 327, 2004.