JEAN ACHIN, HOMME À NE PAS FRÉQUENTER ?

Un vendredi du mois de mai 1677, Jean ACHIN boit une pinte de vin chez le cabaretier DURAND à Québec et offre à Louis PRESSEAU de lui payer une bouteille de vin pour boire chez lui au souper. Mais PRESSEAU lui répond que sa femme ne veut pas car elle a ouï-dire qu'il ne fait pas bon fréquenter un homme comme ACHIN.

Vers 13h, Jean ACHIN fume et prend du tabac dans la maison de PRESSEAU en son absence. Lorsqu'il entre dans sa maison, et mécontent de le voir, PRESSEAU outrage ACHIN, le maltraite et l'excède de coups (soufflet, coup au cul) sous le regard des femmes des huissiers HUBERT et DESMOULINS qui assistent à la scène. Affolée, la dame HUBERT « cria au meurtre » !

Le 31 mai suivant, devant le tribunal de la Prévôté de Québec, ACHIN demande à PRESSEAU les raisons de cette maltraitance car, selon lui, il n'avait aucun motif. PRESSEAU répond qu'à plusieurs reprises, il lui avait interdit d'aller dans sa maison ayant été averti par des personnes d'honneur que ACHIN n'est pas homme à fréquenter car il est à l'origine de plusieurs différends qu'il aurait mis dans des ménages ! Selon PRESSEAU, les enfants de la basse-ville de Québec courent journellement après ACHIN à coups de poings, de pieds et de bâtons et qu'il a même été banni de l'île d'Orléans par ordonnance de l'Intendant.

Jean ACHIN confirme que les enfants l'ont quelques fois maltraité, qu'il s'en est plaint à l'Intendant qui leur en aurait fait donner le fouet par leurs parents. Il ajoute que c'est la femme de DURAND qui a fait « courir » qu'il allait voir la femme de PRESSEAU !

Les parties sont mises hors de cour, mais le juge fait défense à Jean ACHIN « de fréquenter en la maison » de Louis PRESSEAU à peine de 20 livres d'amende !

Rédaction : Guy Perron, paléographe

Source : Prévôté de Québec, transcription des volumes 9 et 10 (registres civils), 14 janvier 1676 au 14 décembre 1677, Longueuil, Les Éditions historiques et généalogiques Pepin, tome V, coll. Notre patrimoine national no. 315, 2004.