Daniel Perron dit Suire (1638-1678)
Une existence dans l'ombre du père



Son mariage

Après avoir rencontré Louise Gargotin quelques mois plus tôt et abjuré le calvinisme, Daniel Suire entreprend les démarches pour se marier.

Dans l'avant midi du 23 février 1664, les futurs époux font rédiger leur contrat de mariage par le notaire Pierre Duquet, dans la maison de l'huissier Pierre Biron à Québec. Sont présents : du côté de Daniel, Jean Levasseur dit Lavigne, huissier, Pierre Chamare, Jacques Meusnier, Jacques David et Pierre Mureau. Du côté de Louise, sont présents Jacques De La Roe, Pierre Biron, huissier, et Jeanne Poireau, son épouse. Jean Montfort et Pierre Levasseur, frère de Jean, y assistent aussi.

Archives nationales du Québec. Minutier Pierre Duquet (23 février 1664)
Le contrat stipule que Daniel est fils charnel de François Peron et de Jeanne Suire. Louise est fille de Jacques Gargotin et de Françoise Bernard, du village protestant de Thairé d'Aunis. Pour Louise, Daniel est un bon parti, puisqu'il est fils de marchand. Il le lui prouve d'ailleurs en l'avantageant de 800 livres de douaire, alors que la coutume est de 300.

Trois jours plus tard, le couple se marie dans l'église de Château-Richer après la publication de deux bans et la dispense du troisième. Voici l'extrait du mariage :

Le vingt siscieme jour du moys de febvrier de lannee mil six cent soiscante et quatre, apres deux bans publié et la dispanse du 3ieme du mariage d'entre daniel Perron natif de la Rochelle et de Louysse gargottin aussy de Larochelle, je soubs signé Morel prestre faisant les fonctuions curialles dans la coste de beaupre, les avoir mariés dans l'eglise du chateau Richer selon la forme prescrite par l'eglise en presence de pierre biron et Jacques de la roe et rene cosset dit le poitvin, tesmoins au dit mariage qui ont declaré ne scavoir aucun empeschement, en vertu de quoy, avec moy ils ont mis leurs signes.
Th. Morel p. (paraphe)
Biron (paraphe)
Jacques de la Roe (paraphe)

Fait plus ou moins étonnant, Daniel signe au contrat de mariage et non à l'acte d'état civil. Nouveau converti, il ne veut tout simplement pas que sa signature apparaisse dans les registres de l'état civil catholique de la Nouvelle-France.